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La crise est toujours présente dans le monde agricole, notre reporter kuBBy Tainer ne s'est pas promené dans les allées politisées du salon de l'agriculture mais il est parti enquêter dans nos belles provinces de France (on dirait du JP Pernaut au 13h de TF1).

Il est parti à la rencontre du monde rural, des agriculteurs, des éleveurs des travailleurs de la terre. C'est dans une de ces campagnes en plein bouleversement technologique qu'il à rencontré Claude Forbain éleveur de coffres forts de père en fils depuis plusieurs générations.

- K T Depuis combien de temps élevez -vous des coffres forts ?

- C F Moi ça va faire 45 ans que j'ai repris le métier, mais mon père, mon grand père et même mon arrière grand père, élevaient déjà des coffiaux comme on les appelle chez nous.

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- K T Dans cette période de crise, comment vous en sortez-vous? Le coffre fort doit bien se vendre pour planquer ses économies...

- C F Ne croyez pas ça, nous on subit la crise de plein fouet. Maintenant les gens ne mettent plus leurs liquidités dans un coffre ils le placent en actions dans des start -up, ou ils investissent dans la pierre.

- K T Oui mais votre clientèle est plutôt aisée, elle existe toujours et n'a pas trop subi la crise.

- C F Que si , avant on vendait des coffiaux aux petits bourgeois pour planquer leur économies, maintenant ils placent ça dans une banque et les plus gros mettent ça en sûreté dans les paradis fiscaux.

- K T Bon parlez nous un peu de votre élevage.

- C F Moi les coffiaux j'suis né avec. Pour faire un bon coffiau il faut au moins 3 à 4 ans. Faut voir une mère coffiau mettre bas, un petit coffre dans le 30 à 50kg. Un mâle coffiau adulte ça peu faire dans les une à deux tonnes. Mon père m'a raconté que son père avait élevé une mère coffiau pour en faire une chambre forte, à la fin elle pesait 5 tonnes et avait une peau de 10 cm d'épaisseur une merveille, je vous montrerai des photos.

- K T Ça mange quoi les coffiaux ?

- C F Du du papier et de la ferraille. Du papier pour les habituer aux billets, aux actions et autres lettres d'importance. Au début on leur donne du papier crépon car c'est plus doux, puis peu à peu on les passe aux journaux, au carton et au papier d'emballage. La ferraille c'est pour la carapace, ce qu'ils adorent c'est de la limaille de fer mélangée avec des vielles feuilles d'emprunt Russe.

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- K T J'en ai aperçu quelques uns dans un champ, vous les laissez en liberté ?

- C F Oui on les sort pour qu'ils prennent l'air. Faut les voir gambader dans la prairie, faire des ruades. Les pauvres s'ils savaient ce qui les attend, enfermés dans un salon cachés par un horrible tableau, voir emmurés dans une cave, ça m'attriste toujours de les voir partir je ne m'y ferai jamais.

- K T Comment voyez vous l'avenir ?

- C F Pour moi c'est bientôt la retraite, avec l'invasion du coffre asiatique, nous n'avons plus de perspective même si on fait de la qualité. Pendant un temps j'ai même fait du coffiau bio, mais les prix étaient plus élevés et face aux prix pratiqués par les importateurs de coffres chinois on ne peut pas lutter.

- K T Alors les coffres chinois qu'en pensez vous ?

- C F Excusez moi du vocabulaire mais c'est de la merde, ils élèvent leur coffres dans des hangars insalubres, ils ne voient jamais le jour. En plus ils leurs donnent à bouffer les bateaux qu'ils démantèlent pleins d'huile, de pétrole et d'amiante. De loin ça fait du beau coffiau mais de près ça tient pas le coup, au premier coup de pied biche il est éventré.

- K T Et la relève, votre fils reprendra t'il l'exploitation ?

- C F Ça m'étonnerait, le coffiau c'est fini en France., comme d'autres élevages on va bientôt mettre la clef sous la porte. Vous voyez les hangars la bas...

- K T Les hangars blancs avec le toit en tôle ?

- C F Oui c'est un voisin qui à fait faillite. Dans les hangars il élevait de la disquette. Au début ça marchait bien il faisait de la 5 pouces après il s'est mis à la disquette 3 pouces et puis patatra ! A l'arrivée de la clef USB il a essayé d'en faire mais ça vit mal dans nos campagnes, il à été obligé de tout vendre. Pour en revenir à mon fils pour l'instant il à trouvé le filon. Il cultive du sex-toy sous serre, ça marche bien il arrive à s'en sortir, mais jusqu'à quand ? Pour cet été il mise sur une production labellisée bio.

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On voit bien que malgré le passage de tous les hommes politiques au salon de l'agriculture, de toutes les bonnes paroles et les promesses en tous genres, les problèmes ne sont pas encore résolus dans nos campagnes et ça,  Jean Pierre Pernaut il n'en parle pas dans son 13h !

 kuBBy Tainer en direct de nos campagnes. Dans un prochain reportage je vous raconterai la détresse des éleveurs d'escaliers face à la concurrence des ascensoristes