Ceux qui nous connaissent ne vont pas s'en étonner. On ne va pas faire ici l'éloge funèbre de Charles Pasqua. Juste rafraîchir un peu la mémoire des plus jeunes ou de celles et ceux qui se laisseraient aller à verser quelques larmes. Si, comme beaucoup l'ont rappelé, l'ami Charlie est entré dans la résistance active à l'âge de 16 ans (réseaux de la France libre) au moment ou d'autres jouaient les Lacombe Lucien, son parcours ensuite comporte bien des zones moins glorieuses (du moins pour nous). Co-fondateur du SAC (Service d'Action Civique) la police privée du gaullisme, il déploie alors tout son génie. Mais laissons Libé l'expliquer un peu plus en détail.

Mobilisé dans la lutte contre les actions terroristes des partisans de l’Algérie française au début des années 60, le SAC s’illustrera dix ans plus tard par ses actions coup de poing contre les mouvements gauchistes. Aux côtés des grognards du gaullisme, le «Service» recrute bon nombre de voyous et de barbouzes au passé judiciaire chargé. Un mélange des genres qui a largement contribué à la réputation sulfureuse de Pasqua.

On lui doit aussi l'organisation du raz de marée du 30 mai 1968 ou le peuple de droite déferle sur les Champs Elysées contre la "chienlit" gauchiste et communiste qui bloquait alors le pays.

Tout rentre dans l'ordre et notre Charlie met alors toute son énergie au service du fringuant Jacques chirac.

Extrait du Monde

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Dès 1974, Pasqua se met à son service. « Si vous maintenez pour la France le cap du gaullisme, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous aider à devenir ce nouveau chef », lui dit-il. Désormais, l’amitié paraît indéfectible. Les deux hommes se tutoient, partagent leurs secrets, et les filles de Chirac prennent l’habitude de voir « Oncle Charles » venir prendre un whisky, le soir, avec celui qui est devenu le premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing après avoir trahi l’homme qui incarnait pourtant la résistance gaulliste : Jacques Chaban-Delmas.

Et l'aventure continue. Et on lui doit entre autres la gamelle de Giscard aux élections présidentielles de 1981. Charlie fera tout pour que celui-ci se prenne les pieds dans le tapis et qu'il trébuche sur les fameux diamants africains. Il donne l'ordre en loucedé dans les états-majors du RPR de faire voter Mitterrand. Giscard ne s'en relèvera jamais !
En 1986, cohabitation et le Charlie prend les rênes de la place Beauvau.Il endosse le costard de "premier flic de France". Du caviar pour cet homme des réseaux et des coups tordus !
Extrait Du Monde
Quelques jours après son arrivée Place Beauvau, il reçoit ainsi le patron du journal d’extrême droite Minute, Patrick Buisson. De son coffre-fort, le ministre a sorti à l’intention de celui deviendra vingt ans plus tard le conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée un épais dossier rose sur lequel est inscrit en grosses lettres « Turpitudes socialistes »… Le ministre de l’intérieur prépare déjà le combat contre la gauche, et celle-ci ne s’y trompe pas.

Et puis une belle tache sur le costume de mafioso qu'il porte si bien :
Le 6 décembre 1986, après une manifestation étudiante contre les lois Devaquet sur l’université, un jeune homme de 22 ans, Malik Oussekine, meurt après une violente charge de la police. Le ministre et son ministre délégué à la sécurité, Robert Pandraud, avaient remis en service ces équipes de « flics voltigeurs », à moto et équipés de matraques, les chargeant de « nettoyer » les rues en pourchassant les « casseurs ». Désormais, la mort de Malik Oussekine lui sera constamment reprochée, achevant d’assombrir la réputation de Charles Pasqua.

Pour le reste de sa carrière, le papier du Monde résume assez bien le bonhomme
Mort de Charles Pasqua, homme de réseaux et de bons mots

Il est très rare de rencontrer, dans les milieux du pouvoir, un homme qui fait peur et rire tout à la fois. Un homme dont on a longtemps craint les réseaux, les dossiers secrets, les coups tordus, mais dont les bons mots, l'accent provençal et une certaine façon d'être, à mille lieues des technocrates de la politique, ont aussi bâti une forme de popularité.

http://www.lemonde.fr
y compris ses "valeurs communes avec le FN". C'est pas nous qui le disons, c'est Charlie lui-même. Allez, pour célébrer en paix le repos de ce fidèle serviteur de droite, les Caphys vont se payer quelques bons verres de pastaga de la marque Ricard et vous vous doutez bien pourquoi non ?

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- Zavez du pot sales bestioles que je soit occupé à mettre en place le Service d'Action du Christ là haut ! Sinon je me serais occupé de vos abattis !